Maria Chapdelaine (2020)

Œuvre phare de la littérature du terroir, le roman Maria Chapdelaine de Louis Émond a été transposé à plusieurs reprises au grand écran. Le réalisateur Sébastien Pilote signe la quatrième mouture en y apportant sa propre vision, sans pour autant en faire une adaptation hyper contemporaine. Il a d’ailleurs écrit dans ses notes d’intention : « Regardez comment je vais vous la raconter, moi, à ma manière. Et peut-être ensuite verrez-vous l’histoire différemment. »

Comme dans le livre original, on suit les aventures des Chapdelaine, une famille modeste vivant aux abords de la rivière Péribonka au nord du lac Saint-Jean en 1910. Alors que les conditions de vie sont rudes dans cette région et que sa mère (Hélène Florent) est sur le point de mourir, Maria (Sara Montpetit), 16 ans, doit choisir un mari entre trois prétendants à la vie bien différente. Il y a tout d’abord le coureur des bois François (Émile Schneider), le riche Lorenzo (Robert Naylor) et le vaillant Eutrope (Antoine Olivier Pilon). Maria arrivera-t-elle à faire un choix en alignement avec ses vraies valeurs? Ou optera-t-elle pour une décision stratégique? Dans tous les cas, elle comprendra qu’elle vit dans un environnement austère, sous le joug de la religion catholique, et que son avenir dépend de l’homme avec lequel elle fera sa vie.

Bien qu’il soit traversé par des jeux de séduction, ce drame d’époque n’est pas une romance pure et dure. Son récit célèbre les valeurs de l’époque – le courage, la force, la résilience et l’esprit de famille –, tout en proposant un magnifique portrait des premiers défricheurs qui ont contribué à faire de notre pays ce qu’il est aujourd’hui. Il montre aussi à quel point la religion dominait les actions des « bons et obéissants » ruraux.

Mais ce qui épate le plus, c’est la distribution solide comme du roc. Sara Montpetit est tout simplement délectable dans le rôle-titre; elle fait passer beaucoup d’émotions avec de simples jeux de regard. Habitué des films d’époque (Hochelaga : Terre des âmes, Club Vinland, 15 février 1839), Sébastien Ricard excelle également dans son rôle du père de famille bienveillant. Pour les besoins du film, ces acteurs utilisent une langue ancienne avec beaucoup de naturel.

Se déroulant sur 158 minutes (qui passent à la vitesse de l’éclair), Maria Chapelaine est une œuvre intemporelle dans laquelle il fait bon plonger encore et encore. À voir notamment sur Vimeo ici.

À NOTER : Au Gala Québec Cinéma de 2022, le film est en lice dans les catégories : Meilleur film, Meilleure réalisation, Meilleure interprétation féminine – rôle de soutien (Hélène Florent), Meilleure interprétation masculine – rôle de soutien (Martin Dubreuil et Émile Schneider), Révélation de l’année (Sara Montpetit), Meilleure distribution des rôles, Meilleure direction artistique, Meilleure direction de la photographie, Meilleur son, Meilleurs effets visuels, Meilleure musique originale, Meilleurs costumes, Meilleur maquillage, Meilleure coiffure et Prix du public.

Évaluation par Édith Vallières

Distribution:

Antoine Olivier Pilon, Émile Schneider, Sara Montpetit, Sébastien Ricard

Type:

Films

Collections:

Adaptation de roman, Gala Québec Cinéma 2022, Héroïnes féminines, Histoires d'amour

Lien avec le Canada

Réalisé par le Québécois Sébastien Pilote.
Plusieurs des décors ont été construits dans une forêt près de la ville de Normandin au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
C’est la quatrième fois que ce roman est porté à l’écran. La dernière adaptation, signée Gilles Carle, remonte à 1983.

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